Journée d’étude
ÉCRITS DE COMPOSITRICES
Corpus, contextes, espaces de diffusion
École normale supérieure de Lyon, 23 mars 2027
Le programme Dictéco a entrepris depuis une dizaine d’années de répertorier les grands ensembles d’écrits de compositeur·ices, de constituer une base de données bibliographique, et de présenter les corpus au sein d’un dictionnaire en ligne. Ce vaste work in progress a d’ores et déjà mobilisé plus de 80 musicologues. La journée d’étude du 23 mars 2027 vise à focaliser l’attention sur les écrits de compositrices, dont la présence est encore très réduite dans le Dictionnaire comme dans les travaux de ce domaine, presque uniquement consacrés aux écrits de compositeurs.
Une quarantaine d’années après les premiers travaux engagés par la musicologie féministe, force est de constater que le matrimoine musical reste encore très largement inédit, inouï ou enseveli. L’occultation des femmes dans l’histoire de la musique savante occidentale justifie qu’on leur réserve encore aujourd’hui une place et une attention particulières qui tiennent compte de leur genre . Cette journée d’étude souhaite s’inscrire dans la dynamique actuelle de poursuite de la production et de la transmission des savoirs sur les musiciennes en se concentrant sur les écrits de compositrices, un domaine encore peu étudié en tant que tel.
Les écrits publiés des compositrices sont, comme leurs œuvres musicales éditées, très peu nombreux en comparaison de ceux des hommes. Cette faible présence publique qui résulte d’une construction sociale séculaire structurée par la domination masculine ne signifie pas que les écrits des compositrices n’aient pas été destinés à la publication et se soient cantonnés à la sphère privée (correspondances, journaux). Il s’agit donc de mettre au jour des corpus inédits ou peu connus et d’engager une réflexion systématique sur l’implication des compositrices dans la sphère rédactionnelle, qu’il s’agisse d’écrits théoriques, journalistiques, pédagogiques ou autres. Les apports de cette journée pourront être valorisés sur Dictéco.
On invite les musicologues qui participeront à cette journée à réfléchir à l’une ou l’autre des questions suivantes :
- Quels sont les corpus à mettre au jour et à étudier, à éditer ou à rééditer ? Dans quelle mesure sont-ils susceptibles d’enrichir voire de faire évoluer l’historiographie ? Peut-on y déceler des tendances génériques et thématiques corrélées (ou non) aux inégalités de genre dans la sphère musicale (écrits autoanalytiques, autobiographiques, sur la musique des pairs, livrets et textes littéraires, etc.) ?
- Comment mesurer la part de minorisation (et/ou d’auto-minorisation) dans les processus d’écriture des compositrices ? Quelles ont été les principales difficultés de diffusion de leurs écrits destinés à la publication, et quelle a été leur évolution historique selon les sphères géographiques et les milieux sociaux ? Les médias numériques actuels favorisent-ils à rebours la production d’écrits de compositrices ?
- Les écrits, qu’ils soient publics ou privés, contiennent-ils des réflexions sur le statut social de la compositrice en tant que femme, des marques d’engagement politique, notamment sur la question du féminisme, des développements spécifiques sur le genre ? Cet engagement ou positionnement est-il explicite dans les journaux et revues, et plus généralement dans les écrits publiés ?
On pourra envisager des interventions monographiques mais on tentera d’encourager les propositions d’analyses transversales, comparant différents cas d’écrits de nature, d’époque ou de pays différents.
Les communications se feront en français en ou anglais. La journée se tiendra en présentiel à l’École normale supérieure de Lyon mais pourra aussi être suivie en visioconférence.
Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 300 mots et accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, seront à envoyer jusqu’au 2 novembre 2026 à l’adresse suivante : cecile.quesney@univ-lorraine.fr
Comité d’organisation
Matthieu Cailliez (Université Jean Monnet Saint-Étienne)
Valérie Dufour (FRS-FNRS/Université libre de Bruxelles)
Stéphan Etcharry (Université de Reims)
Théodora Psychoyou (Sorbonne Université)
Cécile Quesney (Université de Lorraine)
Emmanuel Reibel (ENS de Lyon, CNSMDP)
Anastasiia Syreishchikova-Horn (Université de Lorraine)